Edito

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Une longue période électorale vient de s'achever, avec l'élection d'un nouveau président, la nomination d'un gouvernement mené par un homme de droite aux convictions libérales, et une Assemblée nationale qui donne  une majorité absolue au projet présidentiel et ne laisse qu'une part congrue à l'opposition. Les résultats des élections et l’abstention  historique constatée peuvent laisser penser néanmoins que l’adhésion à ce projet n’est pas du tout aussi large que certains voudraient le faire croire.

Cela augure une période politique complexe, où il faudra sans doute retrouver l’esprit du combat  afin de poursuivre et amplifier les luttes  indispensables, pour la culture, la démocratie sociale et la protection des travailleuses et travailleurs en particulier dans le spectacle !

Un nouveau ministère est en place. Nous savons déjà que la composition de son cabinet est extrêmement réduite. Qu'allons-nous pouvoir attendre de ses positions, dans le contexte très difficile de nos secteurs et face à un avant-projet de loi travail, qui promet le recul de nos droits sociaux au sein des entreprises ? Par ailleurs, se pointent déjà des rumeurs d’une volonté gouvernementale d’éliminer l’encadrement règlementaire des entreprises du spectacle.

Les enjeux pour nous sont immenses et il faudra toute notre détermination syndicale et notre solidarité pour infléchir le courant libéral qui prétend réformer le socle social hérité du Conseil national de la Résistance. 

Les artistes vont aborder les festivals avec toutes ces questions, se demandant ce qu'il va advenir tant du budget de la culture que de leur protection sociale. Le moins que l'on puisse dire est que la période n'est pas propice à la sérénité ! Il y a fort à parier que les conversations en coulisses et sur les scènes de France iront bon train, analysant la période électorale qui vient de s'achever et ses conséquences sur le devenir de la création.

Du côté de la propriété littéraire et artistique, si l’on peut raisonnablement penser que la ligne politique ne changera pas, nos regards sont tournés vers l’Europe ce qui n’exclut pas la responsabilité de la nouvelle ministre de la culture à laquelle nous rappelons nos revendications : un droit à rémunération complémentaire du droit exclusif, soumis à gestion collective, pour la mise à disposition sur Internet des prestations enregistrées des artistes interprètes.

Le SFA sera évidemment présent aux côtés des salarié-e-s pour débattre et participer aux échanges, en y apportant l'éclairage global que nous permet notre large champ d'intervention, mais surtout pour redonner confiance dans le combat collectif, qui est le seul à permettre une liberté individuelle dans l’égalité. Cette idée n'est pas à la mode ! D’aucuns la disent même dépassée ! Plus que jamais, demandons-nous qui a intérêt à ce que nous le pensions…

 

 

On nous voudrait toutes et tous « en marche » ! Et si au contraire, nous nous arrêtions pour reprendre les rênes de nos vies et de nos métiers ? Cet été, pensons-y !