Prise de parole SFA au Rassemblent "557h? c'est non!" devant l'Unedic

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Prise de parole de Marie Soubestre, membre de la Délégation générale du syndicat, lors du rassemblement "557h? C'est non !", organisé devant l'Unedic, à l'occasion de la dernière séance de négocation de l'assurance chômage.

 

Bonjour, je suis Marie Soubestre du Syndicat Français des Artistes interprètes, SFA CGT.

Au SFA nous représentons et nous défendons tous et toutes les artistes interprètes : acteurs de cinéma, actrices de théâtre, artistes du doublage, dans la publicité, artistes de cabaret, marionnettistes, danseureuses de tous styles, chanteureuses d’opéra, de musiques actuelles, artistes de cirque, de rue.

Et partout le même constat : il est de plus en plus difficile de vivre de nos métiers. Le travail se raréfie, les salaires diminuent et nos conditions d’existence sont chaque jour plus précaires. Sans surprise, les femmes et minorités de genre, les personnes racisées, les travailleur·euses en situation de handicap paient particulièrement fort le prix de cette austérité. Alors imaginez une femme en situation de handicap - visible ou non d’ailleurs - et imaginez qu’elle ait plus de 45 ans !

Et dans cette situation, le Medef commet une énième tentative de porter un coup fatal au régime de l’intermittence du spectacle. Cette attaque grossière doit être l’occasion du soubresaut dont nous avons besoin : nous avons tous et toutes des intérêts communs, bien au-delà de la seule intermittence, et nous devons nous battre ensemble pour défendre ces métiers dont nous voulons vivre dignement.

557h au lieu de 507, ce serait environ 33 000 intermittent·es en moins, et parmi elles et eux 22 000 artistes. Oui, 22 000 : presque un tiers des artistes intermittent·es serions ainsi privé·es de nos droits au chômage du jour au lendemain ; et du jour au lendemain, beaucoup basculeraient de la grande précarité vers l’extrême pauvreté.

Et ceux qui proposent cela aujourd’hui sont les mêmes qui font pression au quotidien pour faire voter l’austérité budgétaire et culturelle, celle-là même qui nous prive d’emploi. Cela dit, comme le gouvernement est ouvertement sous perfusion des idées d'extrême droite, le patronat n’a pas besoin de faire trop d’efforts pour que ses désirs deviennent réalité : l’austérité pour les pauvres, l’opulence pour les riches ; et la culture et l’esprit critique aux oubliettes de l’Histoire.

Dans un monde en proie à des milliardaires fanatiques en quête de bénéfices, un monde déshumanisé par une IA dévastatrice et irrégulée, dans une société menacée dans ses fondements mêmes par une catastrophe écologique que nous ne faisons rien pour enrayer, dans une société sur laquelle une armée de néo-fascistes cherche à régner par la peur et la haine, dans un tel monde, oui, nous avons besoins d’artistes interprètes fiers de leurs métiers, debout et uni·es pour défendre aux côtés de tous et toutes les travailleureuses, du spectacle ou non, le principe fondamendal, et que l’assurance chômage est censée incarner, le principe de la solidarité interprofessionnelle.

Soyons révoltés, prenons la mesure du danger, mais demeurons fier·es de ce que nous sommes.

No pasaran.

Paris, le 25 février 2026