LETTRE OUVERTE À L’INTENTION DES RESPONSABLES DE SOCIÉTÉS DE DOUBLAGE ET DE SYNCHRONISATION

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Nous nous permettons de vous interpeller, eu égard à la situation exceptionnelle que nous vivons.

Le Syndicat Français des Artistes interprètes représente de nombreuses actrices et acteurs travaillant dans le domaine du doublage ainsi que des directrices et directeurs artistiques.

Entre le 16 et le 17 mars, suite aux annonces gouvernementales en lien avec la catastrophe sanitaire, les studios de doublage ont dû cesser toutes leurs activités d’enregistrement, privant, de fait, des centaines de salarié·e·s de travail. Certaines entreprises auraient tenté de maintenir leurs enregistrements, avec les risques que cela comporte pour toutes et tous, mais cette situation semble être aujourd’hui corrigée… en région parisienne du moins. Nous alertons contre des tentatives de délocaliser le travail dans des régions où les artistes sont peut-être moins informé·e·s.

Ce sont des milliers de contrats qui ne pourront être honorés pour les seuls mois de mars et d’avril 2020, mettant les artistes dans une situation de chômage technique. Et si l’usage veut que les contrats de travail soient signés le jour de l’enregistrement, il reste que des actrices et des acteurs ont été convoqué·e·s et mis·e·s en option, que des directeurs et directrices artistiques ont été retenu·e·s et ont souvent effectué - au moins en partie - le travail de préparation. Évidemment, pour le travail effectué, même partiellement, les contrats doivent être pleinement honorés.

Le travail des artistes ne pouvant se poursuivre, il est nécessaire de trouver des solutions permettant à toutes et tous de traverser cette période extrêmement difficile. Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé de nombreuses mesures permettant la sauvegarde des entreprises : report de cotisations, garantie des prêts bancaires, mais surtout accès élargi et simplifié au dispositif « Activité Partielle ».

Si au cours des premiers jours, il n’était pas certain que les CDD-U pourraient être concernés, nous en avons aujourd’hui la certitude, tant pour les rémunérations en heures que pour celles au cachet - même si certaines modalités doivent encore être précisées par décret dans les tous prochains jours.

C’est pourquoi nous vous demandons de mettre en place dans les meilleurs délais l’activité partielle pour tous les contrats de travail suspendus des mois de mars et d’avril sans oublier d’y inclure les contrats n’ayant pas fait l’objet d’une signature formelle. Une simple promesse d’embauche, qu’elle soit sous la forme d’un mail ou SMS de convocation ou d’option, d’une inscription au planning, ou de tout autre échange permet également de justifier a posteriori la réalité du travail prévu.

Il est essentiel d’inclure dans ce dispositif l’intégralité des artistes et des directeurs artistiques qui auraient dû travailler chez vous lors des mois de mars et d’avril, car ils se retrouvent sans aucun salaire. L’activité partielle ne répondra pas à tous les problèmes, mais, dans l’immédiat, c’est la meilleure solution pour assurer une continuité de revenus pour des centaines de salarié·e·s, sans que cela constitue une charge financière pour votre société.

Vous trouverez, nous en sommes sûrs, les informations nécessaires à la mise en place du processus, auprès de votre organisation professionnelle, ou sur les sites du ministère du Travail et du ministère de la Culture.

Il est également essentiel que vous communiquiez sans délai auprès de vos salarié·e·s sur votre intention de mettre en place ce dispositif, car ils devront déclarer à Pôle Emploi le montant des indemnités que vous leur verserez et qui vous seront remboursées, ainsi que les dates concernées.

Dans cette attente, nous vous prions de croire en l’expression de nos salutations les meilleures.

 

FAIT À PARIS, LE 31 MARS 2020.