Le SFA-CGT, première organisation représentative des artistes-interprètes du secteur, souhaite apporter son soutien aux équipes des théâtres, festivals, compagnies et projets qui, partout sur le territoire, sont confrontées aux décisions brutales et unilatérales des exécutifs locaux. A l’heure où les programmations estivales et de la saison prochaine se finalisent, nous sommes inquiet·es et constatons en premier lieu les conséquences sur l’emploi et le devenir des artistes interprètes que nous représentons : comédien·nes, danseur·euses, chanteur·euses lyrique ou de musique actuelle, artistes de cirque, marionnettistes, conteur·euses, artistes de la parole et traditionnels.
A Fleurance (37) et ailleurs, les saisons culturelles 2026-27 sont purement et simplement annulées. À Saint-Loubès (33), la mairie qui avait avait annoncé l’annulation de la saison culturelle vient de se raviser, suite à la mobilisation des habitant·es et des professionnel·les. A Cattenom (57), le festival Ici et Là a été brutalement annulé par la Communauté de Communes à la suite d’une polémique stérile sur le nom d’un spectacle programmé. A Calais (62), la scène nationale Le Channel, annonce la suspension de son activité. Nous ne pouvons faire la liste complète de ces déplorables décisions, mais elles témoignent d’une mise en danger de la liberté artistique et de création et d’un dépeçage déjà à l’œuvre du service public de la Culture.
Au Théâtre de Vanves (92), voilà 30 ans que le projet du théâtre permettait aux écritures contemporaines les plus novatrices de se lancer. La décision de la municipalité fraîchement réélue de changer radicalement le projet artistique et d’imposer une « saison blanche » pour 2026/2027, choque les nombreux·euses artistes qui ont pu initier leur carrière professionnelle dans ce haut lieu de l’émergence, reconnu dans le monde entier comme par le public local. Le SFA-CGT salue le travail porté par les équipes successives et ne se résout pas à la disparition d’un tel projet.
En région Auvergne-Rhône-Alpes, le vote du budget proposé par la majorité LR a rayé d’un trait de plume les soutiens à plusieurs structures majeures pour la vivacité de l’art chorégraphique sur le territoire, dont le CCN de Rillieux-la-Pape (69) et les CCN etCDCN de Grenoble (38), ainsi qu’à de nombreuses compagnies indépendantes, notamment dans le secteur du cirque de création.
Au delà des questions que cela pose sur l’application concrète de la loi LCAP, le SFA rappelle que ces décisions, dirigées contre des lieux de culture, ont un impact concret sur les artistes.
Lorsqu’un lieu, ou un festival, n’a plus les moyens de produire librement ou de programmer, il achète moins de spectacles, voire plus du tout, ne coproduit plus, n’accueille plus en résidence (ou sans financement associé), il diminue ses « levers de rideaux ». Outre l’effet pour les lieux sur leur fréquentation, la conséquence de cette baisse d’activité se répercute sur les compagnies, premiers employeurs de notre secteur, qui, a leur tour, n’ont plus les moyens d’embaucher ou de rémunérer dignement les artistes. Si des compagnies ferment, si des lieux ne programment plus, ce sont avant tout des artistes qui ne travaillent plus, ce sont des interprètes qui n’ont plus de débouchés professionnels.
Après les prémices engagés en région Pays-de-la-Loire, nous constatons que les alertes faites par les syndicats de notre Fédération et par l’intersyndicale sur le « plan social de la culture » à l’œuvre aujourd’hui, ne font que se confirmer : personnels administratifs, technicien·nes, metteur·euses en scène, chorégraphes, créateur·rices de toutes esthétiques sont concerné·es tout autant que les artistes interprètes.
Face à la multiplication des attaques contre notre secteur et le service public du spectacle vivant, nous appelons les artistes interprètes à s’organiser afin de préparer la riposte.
Tous les salariés doivent faire l’objet d’une visite médicale tous les 2 ans, tous les ans pour ceux qui relèvent d’une surveillance renforcée en raison des risques encourus à leur poste de travail. Cette visite est financée par une cotisation patronale. Le Centre médical de la Bourse (CMB), qui gère le suivi médical des intermittents, a considéré qu’il était nécessaire de maintenir une fréquence annuelle pour les professionnels du spectacle.
- Pour les artistes résidant en Ile de France : le CMB avise par courrier une fois par an d’avoir à prendre rendez-vous soit par Internet, soit par téléphone.
- Pour les artistes résidant en région : le CMB adresse un bon de prise en charge qui permet de prendre rendez-vous avec un service de santé au travail proche du domicile.
- Nouvellement salarié sous contrat à durée déterminée, c’est l’employeur qui doit déclencher la prise de rendez-vous en Ile de France ou l’envoi du bon de prise en charge en région.












